Marathon du Mont-Blanc
Cinquième étape du Challenge Salomon Endurance Mag 2010 : La nouvelle génération du trail bouscule les têtes d’affiches !
Quelles sont les recettes du Marathon du Mont Blanc pour avoir tant de succès le temps d’un week-end ? Il signe encore un record de participation avec plus de 4300 coureurs venant du monde entier, inscrits sur l’ensemble des épreuves. Le soleil et la chaleur était tout aussi présent ! Et de nombreuses têtes d’affiches au départ ! Les forces bretonnes du Team Salomon : David Pasquio et Chris Mallardé, Dawa Sherpa l’emblème internationale du trail running, Pascal Giguet ancien vainqueur du marathon et des jeunes venues tenter leur chances : Yohan Meudec, Martin Reyt, et Charles Delouloz
Ils étaient 2082 à s’élancer dès 7h du matin du centre ville de Chamonix pour 42,195km et 2511m de dénivelé positif.
Dès les premiers kilomètres pendant que les meneurs s’observent, Hervé Giraud Sauveur tente de partir en cavalier seul. A la rosière km 10, passation de pouvoir en tête avec Christophe Basson qui fait son show ! Il attaque la montée vers l’aiguillette des Posettes (ascension de 940m) Christophe Basson compte 2 minutes d’avance. C’est une portion décisive du parcours dont il faut sortir bien placé, Christophe se fait absorbé par un autre Grand Chris ! Mallardé bien décidé à prendre les commande suivi de près du discret Jurassion Nicolas Pianet. Les deux hommes sont rejoints par un groupetto dans la descente vers tré le champs. il reste 12km, 5 hommes se tiennent en 27 secondes : David Pasquio, Charles Dubouloz, Yohan Meudec, Christophe Malarde et Nicolas Pianet.
Les leaders s'engagent vers la Flégère, David Pasquio veut prendre les commandes de la course. Le dauphin de l'édition 2008 est bien déterminé à prendre sa revanche. Pour leur première expérience sur cette distance, Charles Dubouloz et Nicolas Pianet patientent. Pour les autres l’ascension est plus difficile, les organismes commencent à souffrir de la chaleur.
Parti prudemment le népalais Dawa Sherpa s’exprime sur son terrain, la montée est son point fort, il recolle au tiercé de tête.
Sur les hauteurs de Planplaz (2000 m), point culminant et arrivée de la course on observe le premier trailer sortant du balcon de la Flégère. David sort en tête mais il est talonné par Nicolas Pianet. La victoire est entre leurs mains tout se jouera dans le dernier kilomètre d’ascension. Charles Dubouloz quand à lui tient sa troisième place. La fraicheur physique permet à Nicolas Pianet de lâcher David Pasquio dans les derniers mètres. Il signe une victoire inattendue en 3h56’57’’. Une grosse déception pour le breton qui avait à cœur d’inscrire ce trail à son palmarès. Enorme ambiance à l’arrivée de Charles Dubouloz pour sa troisième place en 4h00’44’’ à seulement 21 ans ce jeune annécien a fait très forte impression.
Un regard sur les féminines
La tenante du titre Maud Giraud n’a pas laissé de place au suspense. Dès les premiers kilomètres la championne de France de Trail running, prend la tête jusqu’à l’arrivée ne laissant aucune chance à ses poursuivantes de monter sur la plus haute marche. Elle gagne en 4h 41’ 40’’ soit 13 minutes de mieux que l’année dernière. Isabelle Jaussaud pour sa première participation au Marathon du Mont-Blanc devient la dauphine de cette édition en 4h54’07’’ malgrè une sévère chute la blessant au bras. Michèle Leservoisier complète le podium dans le temps de 05h13’00’’.
Coté Challenge le cross du Mont Balnc était la course comptabilisé pour les féminines. La New Zélandaises Anna Frost est venu faire une démonstration de son talent et de sa puissance ! Elle s’impose en 2h 13 devant Céline Lafaye en 2h 20. La Suissesse Maya Chollet complètent le podium en 2h 23
Consultez les classements de l'épreuve .
L'homme de la course : Nicolas Pianet
Le vainqueur du jour a surpris tous les pronostiqueurs du jour ! Avec une tripoté de favori, le jurassien s’est fait oublié jusqu’à l’ultime kilomètre de la course ou il a déboulé sur les talons de David, lui laissant la seule possibilité de le regarder fondre sur la ligne d’arrivée, arrachant cette splendide victoire. Rencontre avec ce coureur tout discret...
Nicolas, quelques mots pour en savoir un peu plus sur toi ?
Pour faire simple, Je viens du Jura, j’ai 33 ans, je suis fromager de métier je travaille dans une coopérative, je suis pacsé et papa depuis un an !
Donne-nous quelques repères dans ton palmarès trail running
J’ai gagné le petit parcours du trail de Besançon en 2009, celui de la transju également.je suis plutôt un coureur de format court en terrain vallonné ou en montée sèche.
C’est une toute première expérience pour toi sur le marathon du Mont Blanc !
En effet, c’est une première ! L’an passé j’ai fais le cross mais avec une grosse contracture donc j’ai plutôt souffert, j’ai subi la course, j’avais tout de même pu profiter des paysages et pu reconnaitre la dernière partie pour le marathon cette année...
Quelle a été ta motivation pour s’inscrire sur le marathon ?
J’aime prendre du plaisir à admirer le paysage, et le format des courses de trail nous le permette. Après le classement il est secondaire sur les trails. Exception faite sur le marathon du mont Blanc qui a une grande notoriété : c’est au pied du Mont Blanc, ça m’attirait donc de venir ici. Maintenant je n’avais pas spécialement d’objectifs, sachant que le marathon est très relevé et que ça allait être très difficile…je suis donc venu avec des incertitudes, je ne voulais surtout pas mener ou lancer des offensives prématurées. Avec mon expérience de la dernière bosse sur le cross, je savais que dans la dernière côte on pouvait faire la différence si je gardais du jus.
Comment s’est dessinée cette victoire?
Je suis parti dans le groupe de tête dès le départ. Je trouvais que ça allait un peu vite sur toute cette partie roulante. Dans les premières côtes, je trouvais par contre que ça allait tout doucement. Dans la montée Aux aiguillettes je sentais que je n’étais pas plus mal que les leaders. Au sommet des Posettes, Christophe Mallardé est parti. Bien en jambe, je l’ai suivi. Derrière ça gérait, ça temporisait c’était calme…Pendant la descente, un groupe nous a rejoint. J’ai géré et préféré ne pas m’affoler. Je suis resté à une petite minute d’eux. A partir de tré le Champs vers la flégère, j’ai un petit peu remonté la tête de course, j’ai réussi à m’accrocher à David qui avait pris les commandes, après je crois que le mental a pris le dessus. A quelques bosses de l’arrivée je sentais que je pouvais prendre le dessus…c’est ce que j’ai fait et ça a marché. En plus, porté par le public qui m’encourageait. J’ai retrouvé la ressource nécessaire pour ne pas craquer mais c’était chaud!
Et toi, vis tu cette victoire comme une surprise ?
Ce matin, j’avais envie de gagner….je me suis dis au départ, j’ai envie de gagner ! C’est marrant par ce que je prends les courses de trails avec plus de détachements, que les courses de montagnes. Dans mon esprit je suis moins là pour la gagne et plus pour faire du foncier et se faire plaisir, mais quand on est compétiteur on ne reste pas sagement derrière. Puis ce matin je me suis dit : mais pourquoi pas moi ? Je l’ai mentalisé jusqu’au bout cette victoire. et même quand David à pris le peu le dessus sur les faux plats, sur les crêtes, je me disais : « non c’est toi qui va gagner, alors tu t’accroches, tu ne te fais pas distancé »..Alors que sur certaines courses je n’arrive pas à pas lâcher prise, et à me battre jusqu’au bout.
T’as eu le temps tout de même de profiter de ce magnifique panorama sur la Vallée de Chamonix ?
C’est sur que ça n’est pas de la rando ou l’on va s’arrêter à chaque fleur, mais le paysage nous aide et nous permet d’en profiter !
Du côté du team :
David Pasquio a eu du mal a digérer cette 2ème place pourtant magnifique : « Si au départ on m’avait prédit un podium, j’aurais signé tout de suite mais j’avais vraiment à cœur l’aller chercher une victoire pour Jean Michel mon sponsor et manager qui me fait confiance depuis de nombreuses années ! Le marathon du Mont Blanc c’est relevé et quand la victoire de présente à toi faut pas louper l’occasion ».
On retrouvera nos Bretons costauds David et Grand Chris sur leur terre ! Le 11 juillet prochain sur le Trail du Bout du Monde. On pourra encore compter sur eux pour nous mettre le feu dans le leadership de ce tout nouveau parcours de 56 kms.
Tom Tom Lorblanchet fait aller faire un petit tour à Sierre Zinal en Suisse pour peaufiner sa préparation UTMB.
Prochain rendez-vous :
Dans la quinzaine à venir le 11 juillet prochain, la coiffe bigoudène est de sortie ! direction Plouzané : le Finistère, pour notre grande classique bretonne : le Trail du Bout du Monde !
Reportage : Christophe Malardé/Moussproduction - Photos :JMK Consult
















